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Le paiement électronique repoussé à 2020

Le développement et la démocratisation du paiement électronique accuse encore une fois du retard en Algérie. L'échéance est encore une fois repoussée. À l'année prochaine cette fois.

Nous pensions que le paiement électronique allait réellement prendre son envol ces deux dernières années, une espérance décidément vaine.

Le cadre législatif était pourtant posé, notamment avec la loi sur le e-commerce promulgué à l'été 2018, et la loi de finance de la même année qui obligeait chaque commerçant à mettre à disposition du consommateur un terminal de paiement électronique (TPE) sous peine d'amendes.

Rares sont ceux qui s'y sont soumis (On peut manifestement ne pas respecter la loi) pour ne pas dire inexistants, arguant que les TPE et le e-paiement d'une manière générale n'étaient pas encore sûrs. Trouver aujourd'hui un TPE pour régler avec sa carte CIB ou encore payer sur le net concerne une poignée d'entreprises et de banques. Les plus grosses le plus souvent.

Ne manquait plus qu'un aveu d'échec officiel. Celui-ci est venu du ministre des finances lui même, Mr Abderahmane Raouya qui a déclaré lors d'une visite à Bouira que « On s’est précipité dans le lancement du système et on doit le reporter à 2020 ». Ou encore d'ajouter qu'il était nécessaire de mener de nouvelle étude sur le terrain, pour notamment juger du degré de préparation des acteurs concernés.

Fatalement, M. Raouya n'a pas tort. Basculer dans le e-paiement et le progrès en général ne se décrète pas mais se prépare, avec tout un mécanisme pédagogique et d’accompagnement indispensable à ce genre de transitions, d'autant plus dans un pays amoureusement attaché au cash et à l'informel. On peut même légitimement soulever une question : Est-on vraiment prêt pour 2020 ?

Toujours est-il que c'est encore la douche froide pour celles et ceux qui voyait dans le e-paiement un moyen de considérablement moderniser l'acte d'achat, ouvrant d'autres perspectivse que le commerce traditionnel n'est pas toujours en mesure d'offrir. À l'heure des Amazon, AliBaba ou encore Souq, on ne peut que voir le train passer, en espérant qu'il ne soit pas trop tard pour le rattraper. Et dire qu'on nous promettait un passage direct au "paiement mobile", pour reprendre les termes d'une de nos responsables.

Wail BELARBI