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Appareils photo sur smartphones : Pourquoi les mégapixels ne sont pas importants

L’une des premières choses que mettent en avant les constructeurs lors de la présentation d’un smartphone est son appareil photo. Il est vrai qu’aujourd’hui les capteurs des smartphones s’améliorent d’années en années, au point de mettre à mal le marché des appareils photo hybrides classiques. Les analystes les plus optimistes prédisent même que nos smartphones remplaceront un jour les reflex.

Cela étant, on a tous pensé un jour que ce qui faisait l’appareil photo d’un smartphone était le nombre de mégapixels. Cela reste certes un critère mais comparé à l’importance de tant d’autres, il est clairement ridicule de juger ou de mettre en avant un appareil photo qu’au travers de son nombre de mégapixels.

Tous cela pour dire que de nos jours sur nos smartphones, un appareil photo de 40 mégapixels ne fait pas forcément de meilleures photos qu’un capteur de 12 mégapixels. On vous explique pourquoi.

L’un des premier constructeur Android à avoir abandonné la course au pixel est Samsung. Pour la première fois lors du lancement du Galaxy s7, celui-ci comptait 12 MP, 4 de moins que son prédécesseur, le Galaxy S6.

Apple a lui toujours été plus ou moins constant avec ses capteurs, mais c’était la première fois sur Android que l’on constatait une réelle remise en question. Les mégapixels ont toujours été surtout un argument marketing, Nokia par exemple avec un appareil à 42 MP a connu un flop commercial.

Le plus important : La taille des pixels et la qualité de l’optique

Tout d’abord, il faut rappeler en faisant simple que le nombre de mégapixels désigne la résolution avec laquelle le capteur du smartphone réalise ses clichés. Un mégapixel correspond à un million de pixels, qui sont les plus petites surfaces carrées permettant ensemble de représenter l'image. Concrètement, un capteur disposant d'une résolution de 12 mégapixels capte 12 millions de petits carrés.

Une résolution de 16 mégapixels devrait donc s'avérer plus fine, puisque capturant plus de pixels. Sauf que non. Sur les capteurs de petite taille comme ceux des smartphones, un autre élément important doit être considéré : la qualité du pixel.

Par qualité, on parle ici de la taille de chaque pixel. Plus ce dernier sera grand, plus il captera un maximum de lumière, base de toutes photos, afin d'améliorer la qualité des clichés. Sur les petits objectifs, il faut donc privilégier de plus grand pixels plutôt que plus de pixels.

Des pixels plus grands captent plus de lumière, illuminant les clichés et améliorant la qualité globale. Mieux, cela permet également de réduire le grain visible (bruit numérique) sur certaines images captées dans des environnements trop sombres pour l'objectif accentué par l’amplification exagérée des éléments composant l’image.

Dans les faits, cette amélioration des pixels permet effectivement de prendre des photos plus lumineuses, mais surtout beaucoup plus rapidement, avec un autofocus quasi-instantané.

Il faut savoir également qu’au-dessus de 8 MP, la différence de qualité est imperceptible pour l’œil humain. Les résolutions plus élevées n’ont finalement d’intérêt que pour les images fortement agrandies ou recadrées.

Au-delà des pixels, quel que soit le type d’appareil photo, c’est la qualité optique qui définit en grande partie celle des photos, Même d’une résolution très élevée, un capteur ne peut que transmettre les informations qu’il reçoit. Si les lentilles situées devant le capteur sont de qualité médiocre, l’image le sera également.

Ce qu’il ne faut pas négliger également est le niveau d’ouverture de l’objectif exprimé par un « f » suivi d’un chiffre : f/1,7, f/2 …). Plus la valeur est basse et plus la quantité de lumière atteignant le capteur sera importante, synonyme de qualité d’image. Une valeur basse permet en parallèle de prendre des photos en basse lumière sans utiliser de flash.

Les smartphones à plusieurs caméras

Parlons en même si ce n’est pas l’objet principal de l’article. Aujourd’hui, la majorité des smartphones proposent au moins deux caméras à l’arrière. C’est une évolution intéressante à plus d’un titre, mais les fabricants ont adopté des stratégies différentes. En effet, on retrouve trois types de modules doubles caméra :

- Le deuxième capteur monochrome :

comme Huawei, Honor ou encore Essential, ces smartphones possèdent un capteur couleur et un autre noir et blanc. Le capteur noir et blanc, en plus de proposer des clichés monochromes, permet de capturer des éléments supplémentaires (comme du contraste, par exemple) par rapport à la première caméra RGB. Cela permet également d’accentuer les profondeurs de champ, pour créer de super portrait (le bokeh ou effet de floue est créé artificiellement par le logiciel).

- La caméra téléobjectif :

Certains constructeurs comme Apple et Samsung proposent une seconde caméra avec une optique différente. Elle permet souvent de créer des photographies en équivalant 50 mm, ce qu’ils nomment du « 2x ». Il s’agit d’une façon d’introduire un zoom optique sur le smartphone : une caméra classique, souvent avec un angle de vue à 70 degrés, et une caméra « zoomée ». Les deux caméras combinées peuvent aussi créer des photos avec du bokeh artificiel.

- Le grand angle :

LG, mais aussi Asus, proposent une seconde caméra grand-angle (angle de vision de 110 à 130 degrés). On se trouve donc avec la possibilité de faire des clichés assez similaires à ceux d’une GoPro, en plus de la caméra classique.

Le traitement logiciel des photos : à ne surtout pas négliger

Un capteur brut ne fait pas tout quelle que soit sa qualité. Pour pouvoir s’afficher sur un écran, une photo doit subir un traitement. Les données fournies par le capteur sont interprétées par de puissants algorithmes ayant pour fonction d’enregistrer sur le smartphone une image au format JPEG.

Un de ces traitements vise à compresser l’image pour limiter son poids en pixels. La qualité de l’algorithme de compression joue un rôle majeur dans la qualité de l’image.

Un autre aspect est l’isolation efficace des composants électroniques du smartphone. Ces derniers émettent naturellement des parasites électriques qui risquent d’altérer le fonctionnement du capteur et le transfert des données des images.

Et d’une manière générale, l’aspect logiciel d’une photo peut même s’avérer prépondérant. Google l’a prouvé avec son appareil photo sur les Pixels. Il propose l’un, si ce n’est le meilleur appareil photo du marché, grâce à l’intelligence artificielle, à la puissance du logiciel et du calcul, avec des photos en basse luminosité et des portraits impressionnants avec un seul capteur.

Noureddine BESSACI